J’étais à Moscou hier et aujourd’hui pour assister à des réunions avec notre joint-venture. En soirée, j’ai soupé avec des clients dans l’un des meilleurs hôtels de la ville. Une flotte de voitures de luxe allemandes était littéralement alignée devant la porte, toutes du même type et de la même couleur (brun), attendant patiemment d’embarquer les hôtes de l’hôtel pour un tour en ville. Les personnes souhaitant entrer dans l’hôtel devaient cependant passer par un détecteur de métaux. Le dîner était passionnant. L’économie russe se porte bien, le potentiel de développement des infrastructures est encore incroyablement élevé (avec ses files incessantes, Moscou semble un bon endroit pour commencer), le pays déborde de matières premières et le ratio cours/bénéfices est faible. Qu’attendent donc les investisseurs étrangers ? (Réponse: un rebond de l’appétit pour le risque). L’Occident a fait l’objet de critiques sévères : l’insatiable quête du « toujours plus » a entraîné une explosion de la dette suivie d'un effondrement, tant aux États-Unis que dans la zone euro.
Dans l'après-midi, j'ai ensuite repris l'avion pour London Heathrow, puis un train vers Paddington et enfin un métro vers St Pauls. La cathédrale était entourée de petites tentes. Une banderole affichait le message « capitalism is crisis » (le capitalisme est la crise) et une autre « give me lolly because I can’t fill my trolley » (Donnez-moi du blé pour remplir mon panier). L’ambiance est calme mais le désespoir est palpable. Le Royaume-Uni subit une crise profonde et est un méli-mélo de politiques économiques unique en son genre: politique budgétaire extrêmement stricte d’une part et politique monétaire très accommodante avec la énième vague de création de monnaie par la vieille dame de Threadneedle Street (la banque centrale) de l’autre. Trois cent mètres plus loin, dans le hall de mon hôtel, deux réceptions privées battent leur plein. Des groupes de jeunes d’une vingtaine d’années, verre de champagne à la main, prennent l’ascenseur vers l’étage inférieur, probablement en direction du bar.
Je soupe avec un collègue de Hong Kong par hasard de passage à Londres. Il m’apprend que l’économie ralentit et que les banques ont relevé les taux d’emprunt. Les Chinois portant des valises pleines de billets se font plus rares. Je lui demande comment se portent les casinos de Macao car j’avais lu un jour que leur cours de Bourse était étroitement corrélé avec les prix immobiliers de Hong Kong (les deux étant tirés par la Chine). Il s’avère que les grands flambeurs (qui peuvent dépenser 1 million de dollar hong-kongais, soit près de 100.000 euros, par visite) sont toujours présents mais que l’homme de la rue prend quelque peu ses distances. Les exploitants de casinos font donc appel à des intermédiaires pour vendre des jetons à prix réduit dans les hôtels et ainsi attirer les joueurs. Cette réduction a déjà atteint 5%. Quelle serait la réduction à Las Vegas ?
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