Imaginez un patient qui ne se sent pas bien depuis quelque temps. Son médecin lui a prescrit divers médicaments, qui n’ont cependant eu qu’un effet passager. Le patient recommence donc à s’inquiéter pour sa santé et rappelle le docteur. Celui-ci lui confirme qu’il est bel et bien malade et lui administre sans tarder un nouveau remède. Une fois le médecin parti, le pauvre patient se retrouve à nouveau plongé dans le désarroi…
Voilà une description imagée de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays de l’oncle Sam. Une lourde récession contrée avec de grands moyens, suivie d’une amélioration temporaire et, à présent, une banque centrale qui confirme les craintes de tout un peuple : le risque de récession a dangereusement augmenté. La réaction à une Operation Twist a été largement négative (de quoi frustrer Ben Bernanke) en raison de la combinaison d’une mauvaise nouvelle (« les États-Unis vont mal ») et d’un certain scepticisme (« pourquoi les résultats seraient-ils cette fois positifs ? »). D’un point de vue purement économique, pourtant, les chances de réussite de cette opération sont nettement plus grandes que celles d’un assouplissement quantitatif (QE2). Cette dernière approche était en effet un instrument pour le moins grossier (comme un bazooka) : le principe consistait à faire fonctionner la planche à billets, à acheter des obligations d'État et à attendre de voir comment les choses évoluaient. L’Operation Twist, en revanche, est un instrument de précision : à l’heure actuelle, la Fed ne se cantonne pas à fixer les taux courts au niveau qu’elle estime souhaitable (comme le font toutes les autres banques centrales), elle fait de même avec les taux longs. En d’autres termes, la Fed est passée à une politique dont la cible n'est autre que les taux à long terme, qu'elle peut pousser à la baisse autant qu'elle veut, si nécessaire au moyen de l’élargissement de son bilan (c’est-à-dire une troisième phase d’assouplissement quantitatif). Elle n’en est pas (encore) arrivée là, histoire de ne pas gaspiller toutes ses munitions dès le départ. Ajoutez encore à ce tableau une inflation positive (nous ne sommes pas au Japon) et vous comprendrez à quel point les taux longs réels peuvent baisser.
Le patient européen est malade, lui aussi. On lui a aussi déjà administré quelques médicaments, en petites doses, mais (à sa grande frustration) les médecins ne semblent pas réussir à se mettre d’accord sur le médicament miracle ou sa posologie. Dans le chaos de l’implosion de marché qui en a résulté, la déclaration du G20 a sonné comme une lueur d’espoir : « Les membres de la zone euro auront mis en œuvre d'ici notre prochaine réunion les mesures nécessaires permettant d'accroître la flexibilité du FESF et de maximiser son impact pour éviter la contagion ». Dans ce contexte, la déclaration en marge du G20 du ministre français des Finances, François Baroin, selon laquelle il serait envisageable de laisser le FESF opérer avec un effet de levier afin qu’il puisse intervenir à plus grande échelle, est pour le moins intéressante, pour ne pas dire pleine de promesses.
Conclusion : la crainte d’une récession est grande et le risque de récession est en effet considérable (les spreads de crédit plus élevés et les Bourses en baisse doivent encore générer leurs effets négatifs réels) mais la Fed agit aujourd’hui de manière beaucoup plus précise et, par-dessus tout, nous devons espérer que la plus grande liberté de manœuvre du FESF soit effectivement approuvée par les différents parlements. Nous semblons donc être sur la bonne voie, mais le chemin est encore long. L’aversion pour le risque promet par conséquent de persister.
William De Vijlder
23 septembre 2011
vous avez pris la meilleure solution. Il suffit que les parlements approuvent. et je vous encourage d'avantage.
Rédigé par : Swiss life assurance | 18/11/2011 à 08:31