Quelques tendances nettes ont déjà fait leur apparition lors de la quatrième séance boursière de cette année nouvelle. Tout d’abord, l’appétit pour le risque reste insatiable. Les actions ont en effet entamé l’année sur une note positive dans la plupart des marchés, ce qui n’est pas une surprise en soi. Il s’agit là du traditionnel effet du mois de janvier au cours duquel les Bourses enregistrent généralement des performances positives. Ce phénomène est notamment dû au raisonnement habituel des investisseurs au début de l’année civile: ils recommencent l’année sur de nouvelles bases et sont donc enclins à prendre des risques. Le raisonnement est le suivant: à long terme, les marchés d’actions s’apprécient. Si je n’ai pas investi en actions et que les cours de Bourses grimpent, je devrai décider soit de prendre le train en marche, soit de rester résolument à l’écart et d’être frustré en observant les hausses de cours suivantes. Si, par contre, j’ai investi en actions et que les cours baissent, je peux toujours compter sur un redressement plus tard dans l’année, qui est encore longue (retenez que dans cet exemple l’investisseur raisonne en termes d’année civile). Si les cours augmentent tôt dans l’année, je peux assez rapidement engranger des bénéfices. Un autre facteur déterminant en 2010 est le maintien de statistiques économiques solides aux États-Unis. L’indice ISM (indice des directeurs d’achat) s’est envolé à son plus haut niveau depuis novembre 2005 et les composantes liées aux nouvelles commandes et à l’emploi se sont avérées robustes. Ces éléments devraient renforcer la confiance des investisseurs à la veille de la saison des résultats qui démarre début février. D’autres indicateurs reflètent aussi l’appétit pour le risque. Les Bourses de nombreux marchés émergents ont connu un début d’année nettement plus dynamique que les marchés développés. Les obligations convertibles sont particulièrement convoitées. Parallèlement, les spreads des obligations d’entreprises se contractent.
Une seconde tendance notable concerne la confirmation du thème d’un monde bipolaire (Amérique-Chine). Ce thème était déjà fort présent en 2009 (les marchés émergents étaient la locomotive de l’économie mondiale) mais l’inflation en Asie devient à présent aussi un sujet majeur, comme en témoigne la décision de la banque centrale chinoise de relever légèrement les taux des bons du Trésor. Nous entrons dès lors dans une phase intéressante: ces changements refroidiront-ils ou non l’enthousiasme des investisseurs ? D’emblée, la réponse est clairement affirmative et la Bourse chinoise s’inscrit d’ailleurs en baisse depuis le début de l’année, sous l’œil inquiet des autres marchés asiatiques et européens. Selon moi, la « montagne de cash » est tout simplement trop importante et le resserrement de politique en Chine, du reste salutaire, n’est pas de nature à freiner longtemps l’enthousiasme des investisseurs alors que la conjoncture économique continue de s’améliorer.
William De Vijlder
7 janvier 2010
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