Chaque semestre, William De Vijlder présente à la presse dans 7 pays - Belgique, France, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg, Royaume-Uni et Italie - ses perspectives pour les 6 prochains mois, sa vision du contexte macroéconomique mondial et l’évolution attendue des marchés financiers. Vous trouverez ici un lien vers un résumé de sa présentation intitulée: " Une belle floraison n’est pas le gage d’une vendange réussie" ainsi que quelques interviews.
Fatigue de printemps
Les marchés d’actions commencent-ils à succomber à la fatigue de printemps? « Pas encore », à en croire la nouvelle hausse prononcée enregistrée la semaine dernière. « Peut-être », serait-on tenté de répondre après la séance boursière décevante de vendredi dernier en dépit des statistiques réjouissantes en termes d’emplois. À noter que « réjouissantes » signifie ici des pertes d’emplois inférieures aux attentes. Dans l’intervalle, le taux de chômage aux États-Unis a grimpé à 9,4%, son plus haut niveau depuis 25 ans. Le marché de l’emploi suivant avec un certain décalage l’évolution de la conjoncture (les entreprises n’engageront du personnel que lorsqu’elles seront convaincues d’en avoir réellement besoin), tout semble indiquer que le cap psychologique des 10% sera franchi. Point plus important que la psychologie, l’environnement actuel, qui n’est pas propice à une hausse des salaires (au grand soulagement des entreprises) de sorte que l’évolution des revenus des ménages (la combinaison de l’évolution de la population active et de la rémunération horaire ou hebdomadaire) restera morose. Les dernières reprises aux États-Unis (au début de cette décennie et au début des années ’90) ont été stériles en termes de création d’emplois. L’histoire est appelée à se répéter. En effet, ajoutez-y la baisse des prix des logements, l’endettement abyssal des ménages et le retour de la rage taxatoire afin de réduire le déficit public, et vous obtenez un cocktail déprimant. Jusqu’il y a peu, nous pouvions encore compter sur le refinancement des dettes hypothécaires, qui avait donné une impulsion importante aux revenus au début de cette décennie. Ici aussi, nous devons mettre un point d’interrogation. La récente flambée des taux des obligations d’État américaines entraînera les coûts des crédits hypothécaires dans son sillage.
Tout indique que l’étau se resserre petit à petit sur le marché d’actions. Au cours de ces trois derniers mois, le thème des « jeunes pousses » a dicté l’appétit pour le risque des investisseurs. Les premiers signes d’amélioration seraient suivis d’indices plus concrets; il valait donc mieux acheter des actions avant qu’il ne soit trop tard. À l’instar des taux obligataires, les actions ont pris une courbe ascendante car qui dit « jeunes pousses », dit inflation à la floraison. Les gigantesques besoins de financement ont, eux aussi, alimenté la flambée des rendements obligataires. Un taux plus élevé signifie un crédit plus cher, une reprise économique plus lente et, en corollaire, un affaiblissement de l’enthousiasme à l’égard des « jeunes pousses ». La hausse des cours boursiers implique également des valorisations moins intéressantes. Dès lors, la tentation est grande pour les spécialistes en allocation d’actifs à l’affût du moindre mouvement de prendre ses bénéfices et de miser sur un rebond des obligations d’État.
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