Une recherche du terme « green shoots » via le moteur de recherche Google affiche pas moins de 75 300 occurrences pour le mois écoulé, et 199 000 pour les douze derniers mois. Lors d’une discussion avec mon voisin, qui a la main plus verte que moi, ce dernier m’a prévenu qu’une belle floraison n’était pas le gage d’une récolte réussie. Il en va de même en économie et les marchés financiers doivent en tenir compte: l’arrivée au creux du cycle économique n’est pas forcément suivie d’une reprise vigoureuse. Qu’en est-il actuellement du printemps qui s’annonce clément compte tenu de la multitude d’indicateurs suggérant une amélioration?
Un autre terme actuellement à la mode ces dernières semaines, à savoir « dérivée seconde » (8 010 occurrences dans Google le mois dernier), serait un bon point de départ pour le savoir. Pour ceux qui ont quitté les bancs de l’école depuis déjà un certain temps: une distinction est établie entre le niveau d’une série (par exemple: la production industrielle), la dérivée première (la croissance ou la contraction de cette série) et la dérivée seconde (le changement de cette croissance ou contraction). Les analystes boursiers se réjouissent lorsque cette dérivée seconde s’améliore car cette amélioration implique que la baisse d’une série commence à ralentir et qu’elle devrait, si cette évolution se poursuit, finalement aboutir à un rebond de la série (et donc une dérivée première positive).
Je recommanderais cependant de ne pas se limiter à la dérivée seconde: en tant qu’investisseur, il ne suffit en effet pas d’observer uniquement la dynamique d’une série (dérivées première et seconde) mais aussi le degré de surprise des marchés au regard des chiffres économiques. Il est souvent souligné que ces surprises ne sont pertinentes que pour les traders des salles de marché (c.-à-d. sur une base intrajournalière). En réalité, les surprises sont bien plus importantes compte tenu de leur grande inertie. Les surprises négatives sont le plus souvent suivies de surprises encore plus négatives car les économistes éprouvent des difficultés à évaluer précisément le nouveau niveau approprié de divers indicateurs lors des revirements significatifs de la conjoncture. Ce n’est que plus tard que le degré de surprise véritablement négative de chiffres décevants diminuera. La même règle s’applique d’ailleurs lorsque les chiffres sont positifs.
Ces propos sont illustrés dans le graphique 1 qui représente l’indice de surprise économique des États-Unis tel que calculé par Fortis Investments (la pondération des différentes séries tient compte de leur écart-type). L’une des lignes montre la série cumulée depuis début 2000 tandis que l’autre indique la moyenne glissante de la somme des surprises sur 90 jours. Il est frappant de constater que la ligne cumulée s’est récemment tendue mais que le niveau demeure néanmoins très bas, preuve de la gravité de la récession actuelle. La ligne représentant la moyenne sur 90 jours est ensuite fortement remontée.
Le graphique 2 ne montre que l’évolution de la moyenne mobile sur 90 jours. Nous pouvons observer que cette moyenne évolue très bien d’un point de vue statistique: les creux et les pics se situent respectivement aux mêmes niveaux, indiquant que la série enregistre une belle tendance de « retour à la moyenne » (mean reverting). L’année 2008 est l’exception qui confirme la règle et souligne une nouvelle fois le caractère exceptionnel de cette récession.
Les surprises économiques sont essentielles à l’évolution des marchés vu qu’elles constituent par définition une information nouvelle et sont dès lors susceptibles d’influencer les cours. Ainsi, le graphique 3 montre le lien entre l’indice de surprise (moyenne mobile sur 90 jours) et le niveau de l’indice S&P (le graphique 4 illustre le même lien mais utilise la valeur cumulative de l’indice de surprise). We dienen daarbij vooral te kijken naar de historische relatie indien de verwachtingenindex daalt: gezien de recente spectaculaire stijging van de verwachtingenindex en zijn ‘mean reverting’ karakter lijkt het veel waarschijnlijker dat die index in de komende maanden zal gaan dalen dan dat hij verder zou blijven stijgen. L’histoire nous apprend que dans la plupart des cas, une baisse de l’indice des attentes va de pair avec une tendance baissière à la Bourse. Toutefois, une exception à ce principe a été enregistrée au second semestre 2006 lorsqu’une croissance économique solide conjuguée à la fin d’un cycle baissier par la banque centrale américaine a créé un climat favorable.
En conclusion, sans contester la présence de nombreuses « jeunes pousses » et le net regain d’appétit pour le risque, il est clair que certains facteurs fondamentaux incitent à la prudence pour les prochains mois: la base de valorisation est bien moins favorable que les semaines précédentes en raison du rebond boursier; les effets saisonniers pénalisent clairement les performances boursières de mai et des mois suivants, la reprise économique sera en tout état de cause fragile et surtout, l’essentiel du redressement de l’indice de surprise économique semble déjà passé.
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