Bruxelles (L’Echo) - Si la récession est à présent une situation quasi acquise, il faut bien observer que les marchés l'ont plus sévèrement anticipée que lors des précédentes périodes de contraction économique, observe William De Vijlder, Global Chief Investment Officer chez Fortis Investments. En moyenne, l'indice Dow Jones anticipe une récession par une baisse moyenne de 26%. " Pour l'heure, avance-t-il, le recul de la Bourse de New York est supérieur à 40% depuis son dernier plus haut ". Ce n'est pour autant que l'on peut affirmer que le plancher soit déjà atteint et et que la Bourse s'apprête à redresser la barre.
Question de sentiment
William De Vijlder, qui s'exprimait ce samedi dans le cadre de " Finance Avenue " organisée par L'Echo et De Tijd sur le site de 'Tours & Taxi' à Bruxelles, estime que cela dépendra en partie du sentiment des investisseurs. " Actuellement, il est très négatif. Mais il peut rapidement évoluer ". Dans les mois à venir, dit-il, le sentiment des investisseurs sera influencé par quatre tendances lourdes, à savoir : l'évolution des prix des matières premières dont la baisse aura un impact favorable sur la consommation des ménages, la poursuite de la détente des marchés interbancaires, l'assouplissement des politiques monétaires des banques centrales, et la perception selon laquelle les économies sont entrées en récession.
Un autre facteur est en mesure de contribuer à une embellie des horizons boursiers. Il s'agit du repli -nécessaire- des spreads (écarts) de rendement entre les obligations d'entreprises et celles émises par les Etats. Une contraction de ces spreads devraient encourager les investisseurs en actions à se porter à l'achat.
Valorisations attractives
En attendant, observe le responsable de Fortis Investments qui prévoit au mieux la fin de la récession américaine pour le 4e trimestre de 2009, les valorisations -intrinsèques- des sociétés sont redevenues attractives et doivent être privilégiées par rapport à celles que les marchés (market-to-market) consentent actuellement à établir. A l'heure actuelle, les cours des actions ont déjà incorporé une grande partie des mauvaises nouvelles relatives aux résultats de sociétés. Pour William De Vijlder, le marché anticipe une baisse cumulée de 32% de l'EBIT (bénéfice avant impôts) en 2009-2010.
M.C.
19:07 - 25/10/2008 Copyright
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Dans le creux de la vague
Les marchés boursiers ont marqué un tournant décisif. Ce point de vue ne se base pas sur une vision optimiste des perspectives économiques mais sur le constat que trois des quatre tendances qui influenceront les bourses durant les prochains mois apparaissent positives.
La première tendance concerne la chute des prix des matières premières. Amorcée depuis déjà quelques temps, elle devrait se poursuivre compte tenu du ralentissement mondial de la croissance, avec une incidence positive sur la confiance des investisseurs et l'économie (effet bénéfique sur le pouvoir d'achat, baisse de l'inflation).
La deuxième tendance porte sur la liquidité du système financier. Les interventions sans précédent concertées au niveau international en vue de maintenir à flot et de relancer le secteur bancaire ont atteint leur objectif, de nombreuses autorités ayant notamment décidé de garantir les dépôts interbancaires. Voilà maintenant plus d'une semaine que les taux interbancaires s'inscrivent en recul: l'argent circule à nouveau dans les " veines " de l'économie et les banques se font à nouveau progressivement confiance.
La troisième tendance est l'assouplissement monétaire, qui se propage aussi à l'ensemble du globe. Après la récente baisse concertée des taux (Réserve fédérale, Banque d'Angleterre, BCE, etc.), d'autres banques centrales ont emboîté le pas et nous avons ainsi pu observer encore dernièrement une diminution surprenante des taux (pas moins de 1%) en Inde. Cette dynamique devrait se poursuivre et nous pourrions encore être surpris de voir jusqu'où ira l'allégement des taux à court terme (les derniers obstacles au sein de la zone euro ayant à présent été écartés après l'annonce par la BCE d'un repli de l'inflation sous le seuil de 2% pour le second semestre 2009).
La quatrième tendance demeure par contre négative: la dynamique économique restera en effet en perte de vitesse et se reflétera également dans les prévisions bénéficiaires. Cependant, cette situation ne viendra pas troubler le rebond boursier: il est de notoriété publique que l'économie se porte mal, mais il reste à savoir quelle sera l'ampleur et la durée de la récession. La réponse à cette question ne viendra que très progressivement et la bourse peut entre-temps reprendre des couleurs sur la base des trois tendances positives mentionnées plus haut et compte tenu de valorisations particulièrement attrayantes.
Étant aujourd'hui en compagnie de l'équipe dédiée aux actions européennes basée à Paris, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec différents gestionnaires. Il est ressorti des discussions que les valorisations, tant au niveau du marché (top-down) que des entreprises (bottom-up) étaient devenues extrêmement intéressantes, le marché étant tout simplement survendu. Je reprendrais à cet égard volontiers les propos de mon collègue américain Larry Marks de notre équipe consacrée à l'allocation d'actifs: " la notation de S&P est actuellement 26% inférieure à sa moyenne mobile de 200 jours (40 semaines). D'un point de vue historique, une telle divergence se traduit au pire par un rebond significatif et sonne dans le meilleur des cas le glas du marché baissier ". Parions pour l'heure sur un rebond appréciable.
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